Succès surprise (voire inespéré) pour la série Absolute Martian Manhunter. Ce curieux petit projet, développé dans le cadre de l'effort général de réinvention des personnages DC Comics sous le pavillon de la ligne Absolute, avait au départ été sollicité et présenté comme une simple mini-série en six numéros. Ce qui n'est pas anormal sur le papier : même dans le canon traditionnel, le célèbre martien ne fait pas forcément partie des personnages les plus en vue, malgré un potentiel certain et une présence affirmée dans les grands volumes de la Justice League. En comparaison des autres justiciers sélectionnés pour lancer l'univers Absolute (Batman, Superman, Wonder Woman, etc), avoir choisi ce héros au milieu de tous les autres (là où l'enseigne aurait pu miser sur Green Arrow, Aquaman, Shazam, etc) pouvait même passer pour une drôle de décision de la part de l'éditeur.
Mars : Ca repart !
Mais en définitive,
DC Comics a eu la bonne idée de faire confiance à
Deniz Camp et
Javier Rodriguez. Et de son côté, l'équipe créative a misé sur une proposition réellement originale, une approche plus psychologique (voire psychédélique) au moment de concevoir son "martien absolu", capable de se démarquer du groupe. Au lendemain de la sortie du premier numéro de la série
Absolute Martian Manhunter, l'éditeur est visiblement satisfait des résultats préliminaires : le projet a reçu un coup de tampon de la part des grands patrons pour devenir une série régulière officielle ! Un cas assez rare, mais pas tout à fait inhabituel chez
DC Comics. On peut notamment penser à l'exemple
du volume de Poison Ivy réalisé par
G. Willow Wilson.
Alors, bien sûr, modérons tout de même les effets d'annonce : si
Absolute Martian Manhunter s'est débarrassé de la limite des six numéros, cela ne veut pas forcément dire que le projet est assuré de durer pendant deux ou trois ans. A l'échelle de l'industrie moderne, un statut de série régulière assure surtout à l'équipe créative un petit état de tranquillité pendant au moins douze numéros. Et d'ici là,
DC Comics aura largement le temps de considérer la possibilité de poursuivre... ou de s'arrêter là. L'éditeur fonctionne souvent sur ce principe, en proposant aux scénaristes et aux artistes de prévoir des "saisons" de six à douze numéros, avant d'aviser sur le potentiel commercial des projets. Dans certains cas, ça fonctionne (comme pour le
Swamp Thing de
Ram V et
Mike Perkins) et dans d'autres cas, non (
comme pour le Two Face de Christian Ward et Fabio Veras).
En attendant, une belle victoire morale pour Camp et Rodriguez, qui confirment au passage leurs statuts de vedettes confirmées dans l'industrie moderne des super-héros. Vive les martiens, en espérant au passage que l'expérience permettra aussi aux futurs auteurs de la ligne Absolute de prendre des risques dans les tonalités et l'orientation des récits.