Nouveau coup dur pour la maison IDW Publishing. Quelques années auparavant, les soucis financiers de l'éditeur avaient déjà été mis au coeur de l'actualité, laissant craindre une banqueroute de l'entreprise. Dans le monde post-covid, on avait pourtant pu également voir la maison d'édition renforcer certains de ses segments éditoriaux, et même investir massivement dans des projets d'adaptations de ses parutions papier. Au cours des derniers jours, pourtant, ce sont des faits de licenciements qui ont été à l'ordre du jour, IDW s'étant séparé de plus d'un tiers de son effectif - avec quelques promotions internes pour ceux qui ont eu la chance de rester en poste.
C'est en seconde moitié de semaine passée, le jeudi 27 avril 2023, qu'est tombée la grave nouvelle : la maison IDW Publishing a donc renvoyé 40% de ses effectifs, dans l'un de ces mouvements de "bain de sang" dont on commence à avoir tristement l'habitude en suivant l'industrie de la bande dessinée américaine. En ces périodes troubles, les éditeurs indépendants (Valiant Comics, quoiqu'on puisse relativiser la notion "d'indépendance") comme les majors (DC Comics, Marvel, et par extension Disney) ont tous vu leurs effectifs diminués. L'entreprise a déclaré avoir fait ce licenciement drastique dans un cadre "opérationnel, pour remettre l'entreprise sur pied et anticiper une future croissance" - en soi, une restructuration qui permet d'éliminer une partie (coûteuse ?) de la masse salariale tout en se reposant sur des effectifs recrutés plus récemment, et qui ont déjà prouvé leur efficacité. Les économies réalisées pour IDW devraient être de 4,4 M$ par an sur la base de ces seuls renvois, tandis que l'éditeur a également retiré ses actions de la bourse de New York, afin de ne plus être tributaire des flux financiers.
Parmi les personnes restantes et promues, on retrouve notamment Jamies S. Rich qui sera le nouveau rédacteur en chef (editor in chief) pour IDW, tandis que Mark Doyle (qui était en charge du nouveau programme de creator-owned IDW Originals) et Tara McCrillis se partageront la tâche d'être directeur de publication (Co-Publishers). Au rang des personnes promues, l'éditrice Heather Antos, Lauren LePara et Maggie Howell sont également passés à un stade supérieur dans l'organigramme de la maison d'édition.
Du côté des personnes renvoyées, on note Megan Brown éditrice sur le programme Originals, Shawn Lee, directeur artistique, Keith Davidsen, directeur des relations publiques et du marketing, et d'autres employés qui s'occupaient de la gestion des droits et du commercial. Sur les réseaux sociaux, la plupart des intéressé(e)s ont confirmé la nouvelle et - modèle américain oblige - être déjà à la recherche d'un nouvel emploi. Comme Tom Waltz (les Tortues Ninja) qui explique ne plus être employé chez IDW en tant que group editor - mais se veut rassurant en expliquant qu'il continuera malgré tout ses travaux d'édition, désormais en tant que freelance.
So, I've had a ton of amazing and concerned folks reach out to me this afternoon regarding the announced staff cuts at IDW Publishing... specifically as to how they may/may not affect me. I thought it would be easiest to answer all the kind notes by posting on my social media…
— Tom Waltz (@TomWaltz) April 27, 2023
S'ajoutent aussi l'ancien directeur de publication Nachie Marsham et, plus intrigant, Paul Davidson, qui était à la tête de la branche IDW Entertainment ; la majorité de cette sous-structure ayant été licenciée, l'avenir ne s'annonce plus aussi fourni pour les adaptations des comics IDW. Quant aux conditions du licenciement, elles apparaissent particulièrement brutales, même en prenant en compte la façon dont fonctionne le monde du travail aux Etats-Unis. Les intéressé(e)s ont eu droit à une appel en ligne d'une durée de cinq minutes qui leur annonçait que "la boîte chercher à faire des économies et va réduire ses effectifs de 35%, dont vous faites partie ; aujourd'hui est votre dernier jour", avant de découvrir que leur accès aux mails et au Slack de l'éditeur leur avaient été coupés. Ne leur restait alors que le reste de la journée pour - littéralement - faire leurs affaires.
De ce que l'on comprend, l'humeur n'est pas non plus au beau fixe pour les personnes épargnées des licenciements de IDW, puisque chacun se demande comment faire pour opérer la même entreprise avec plusieurs départements disparus et une réduction d'effectifs si importante. Du côté lecteur, croisons les doigts pour ces bouleversements ne se fassent pas ressentir sur les sorties à venir.